blog de poésies d'antan et d'aujourd'hui, classiques, lyriques, un voyage de l'âme et du coeur à travers le temps. (Musiques -vidéos- peintures ou images), accompagnent toujours mes écrits. Un ensemble artistique pour poser un regard nouveau sur la poésie qui à elle seule est Muse parmi les muses depuis la nuit des temps.
08-Tableaux d'une exposition - catacombes - Moussorgski.wmv

"Arrête ! C'est ici l'Empire de la Mort"
Officiellement "ouvert" en 1809 dans une ancienne carrière souterraine de ce qui était alors la banlieu de Paris, cet ossuaire accueille plusieurs millions de restes d'ossements provenant d'anciens cimetières de Paris aujourd'hui disparus.

"La visite de l'ossuaire est de nature à impressionner les personnes sensibles et les enfants". Il faut dire que 800 m du parcours sont une promenade entre des murs entiers d'ossements.
Les corps proviennent essentiellement des cimetières parisiens qui débordaient à la fin du 18e siècle. "On disait que le vin tournait et que le lait caillait", rappelle
Sylvie Robin, conservatrice du lieu. Les connaissances médicales étaient embryonnaires mais les autorités avaient compris que la décomposition des cadavres n'était pas bonne pour la santé publique : ils décidèrent de déplacer les corps vers les 800 hectares des carrières souterraines, exploitées pendant plusieurs siècles mais abandonnées pour éviter des affaissements de terrain dans la capitale.
Le chiffre de six millions de corps a été avancé, mais ce chiffre a "été sorti d'un chapeau", précise la conservatrice qui souligne que des équipes travaillent pour tenter de donner une estimation s'appuyant sur des études scientifiques.
A partir de 1810, les services de l'Inspection générale des Carrières aménagèrent ces innombrables ossements en des murs (Hague) décoratifs composés de tibias et de crânes derrières lesquels on entassa en "vrac" des millions d'ossements divers.
On parsema en même temps les galeries de tableaux avec des citations aspirant à l'humilité : "Pensez le matin que vous n'irez peut-être pas jusqu'au soir, et au soir que vous n'irez peut-être pas jusqu'au matin". "Tous ces tibias empilés de manière décorative interrogent... c'est une vision d'égalité devant la mort qui est assez philosophique", note Valérie Guillaume la directrice du musée.
Les catacombes alimentent les fantasmes depuis des lustres. "Le terme de catacombes emprunté aux catacombes romaine, prête à confusion, explique Mme Robin car il désigne l'ensemble de 800 hectares de carrières qui ne sont pas, contrairement à la croyance communément répandue, un immense cimetière.
La conservatrice rappelle que ce véritable dédale permettait jadis d'entrer et de sortir de Paris sans passer par les barrières d'octroi (péages à l'entrée de la capitale) et qui était utilisé par des contrebandiers ou bandits en tous genres pour échapper aux autorités.
Afin d'éviter d'être dérangés par des importuns, ceux-ci distillaient des histoires horribles d'enlèvements, accréditant la présence du diable ou de monstres indescriptibles.
Aujourd'hui, dans la droite ligne de ces fables, le réseau continue de faire naître des légendes urbaines où il est question de réunions maçonniques, de messes noires, de meetings nazis, de bagarres entre bandes organisées, de tueurs en série ou d'agents secrets venant enterrer des cadavres encombrants.
Il est certes interdit de pénétrer dans les catacombes sous peine d'une modique amende (40 euros environ) mais de nombreux "cataphiles" continuent d'explorer ce réseau pour y organiser des fêtes, des jeux de piste ou simplement par goût du souterrain accessible depuis des puits connus de quelques débrouillards.
C'est donc loin d'être un hasard si de nombreux écrivains, tels Gaston Leroux ou Victor Hugo par le passé ou contemporains comme Anne Rice se sont inspirés de l'aura du lieu pour leurs héros humains ou vampires...
Le cinéma y puise aussi son inspiration. La chanteuse Pink a joué dans un "Catacombs" en 2007 et cette année "Catacombes" (As above so below) de John Erick Dowdle a pointé dans le top 10 du box-office américain. Le frisson est toujours là.
source : 31/10 2014- Paris (AFP) Par Patrick FORT
https://catacombes-paris.com/histoire-des-catacombes-de-paris/
https://catacombes-paris.com/histoire-des-catacombes-de-paris/

Fontaine de la Samaritaine
************
L'Empire de la mort
Prenez garde ! Vous qui pénétrez en ces lieux,
En ces murs et ces labyrinthes sinueux !
Vous qui descendez bien en dessous des égouts,
Ne reniez point votre âme et cœur que l'on dénoue !
Prenez garde ! Ici est le règne d'Atropos,
Vous qui marchez si proche des monticules d'os !
Suivez bien de vos yeux, fil d'Ariane au plafond ;
La mort rôde, sous la capitale, ses bas-fonds !
Arpentez les couloirs, les sculptures de Décure,(1)
Qui connût, fin tragique en son architecture,
Près de "l'Empire de la mort" et son ossuaire !
Prédilection en ce sort cruel, mortuaire !
"Arrête ! C'est ici l'Empire de la mort" !
Endroit mythique, lugubre et sombre décor ;
Avancez, vers des salles insolites, humides,
Traces d'un passé, où suintent rives putrides !
Dans les profondeurs abyssales de ce royaume
Des morts, côtoyez, ossements et leurs fantômes,
Bien ordonnés, en rangées d'os, tibias, fémurs,
Décoration "romantico-macabre", de ces murs !
Si Dieu vous préserve, quelques mètres plus loin,
Près d'un puit en sa rotonde, la source où boit,
L'âme défunte se désaltère, pour oublier,
Existence et présence, en ses rives du Léthé !
Fontaine de la Samaritaine ! Nappe phréatique
En son écriture d'évangile et biblique,
Par son inscription :
"Quiconque boit de cette eau aura encore soif. Mais celui qui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura point soif dans l'éternité";
Divine providence ?, "cimetière des Innocents" !
Véritable charnier, dépouilles agonisantes !
Est-ce l'antre viticole, d'âmes égarées ?
En un rituel de bien-être pour l'éternité ?
Que vos derniers pas mortels, ici, franchissez,
Devant "le Tonneau" de crânes et de tibias,
"Mortels ! Ne troublez point leur demeure et trépas !"

"Le Tonneau"
CorpsRimes