• Marguerite, l'Eternel Féminin

     

     

     Faust and Marguerite in the Garden, Ary Scheffer

    1846, Wallace Collection
     
    Ary SCHEFFER
    (1795-1888)

      

    Le docteur Faust est le héros d'un conte populaire allemand ayant fait florès au XVIe siècle, à l'origine de nombreuses réinterprétations.

     

    Cette histoire relate le destin d'un savant homme, Faust, déçu par l'aporie à laquelle le condamne son art, contractant un pacte avec le Diable, dit Méphistophélès, qui lui offre une seconde vie, tournée cette fois-ci vers les plaisirs sensibles, au prix de son âme. Dans la plupart des versions ultérieures du récit fantastique, l’âme de Faust demeure sienne après que le Diable a exaucé ses vœux.

    Faust est un docteur qui depuis son plus jeune âge, rêve de posséder la connaissance universelle, le rêve de tous les hommes qui est celui de percer le secret des questions existentielles et les secrets de l'Univers. Il met tout en œuvre pour atteindre ses ambitions, mais n'y parvient pas. Il est au bord du suicide, car il pense avoir perdu son temps et sa vie quand Méphistophélès lui propose un pacte : il réalisera tous ses désirs en échange de son âme dès que Faust se dira satisfait et heureux. Le docteur Faust accepte.

    Faust est toujours insatisfait alors Méphistophélès lui fait rencontrer une jeune fille : Marguerite (Margarete ou Gretchen, son diminutif allemand). Faust tombe sincèrement amoureux de Gretchen. Marguerite est follement amoureuse de Faust Au cours d'un après-midi, Faust demande à Marguerite de lui ouvrir la porte de sa chambre le soir. Pour cela, elle devra déposer un somnifère dans le potage de sa mère pour qu'elle n'entende rien.

    Contrairement à Faust, Marguerite est croyante, et elle n'acceptera de se marier qu'à la condition que Faust ait la foi. Elle lui pose la question, restée célèbre au sein de l'élite allemande : « Nun sag, wie hast du's mit der Religion ? », qui signifie, littéralement, « Eh bien, dis moi, comment fais-tu avec la religion ? ». Faust évite de répondre à la question, car cela le gêne. Une Gretchenfrage est donc une question à laquelle on est gêné de répondre.

    La mère de Marguerite meurt à cause du somnifère. Le frère de Gretchen rencontre Faust au moment où il saute par la fenêtre de la chambre de sa sœur. Il affronte Faust en duel pour laver l'honneur de la famille mais est tué par Faust avec l'aide de Méphistophélès. Faust doit donc fuir la ville et laisse Gretchen seule au monde, enceinte et cible des ragots de la ville. Elle aura un enfant qu'elle ira noyer. Elle est emprisonnée et condamnée à mort pour infanticide. Faust l'apprend, s'indigne et voudrait la sauver mais elle ne veut plus le suivre.

     

    Méphistophélès emmène Faust hors de la prison de Gretchen en disant « elle est jugée » (« sie ist gerichtet ») mais une voix du ciel dit « elle est sauvée » (« sie ist gerettet »). C'est la fin de la première partie du Faust de Goethe.

    Dans le second Faust celui-ci rencontre l'empereur, puis épouse Hélène de Troie. Ensemble, ils ont Euphorion et Faust fait fructifier un lambeau de terre « arrachée à la mer ». À la fin, Méphistophélès veut prendre l'âme de Faust. Mais celui-ci n'est pas damné mais sauvé de l'enfer grâce aux prières de Marguerite. Le dernier vers de cette seconde partie de Faust conclut « l'éternel féminin nous élève » (« das Ewig-Weibliche zieht uns hinan »).

    L'air des bijoux (« Ah ! je ris de me voir si belle en ce miroir ») est un air d'opéra pour soprano créé en 1859. Il se trouve dans le Faust de Gounod. Il est chanté au troisième acte par le personnage de Marguerite. Le livret est de Jules Barbier et de Michel Carré. Il fut notamment interprété par Maria Callas.

    Cet air compte parmi les plus fameux airs d'opéra. De nos jours, il a acquis une grande popularité grâce aux Aventures de Tintin d'Hergé : c'est en effet l'air fétiche de la cantatrice Bianca Castafiore.

    Ah ! Je ris de me voir
    Si belle en ce miroir !
    Est-ce toi, Marguerite ?
    Réponds-moi, réponds vite !
    Non ! Non ! – ce n'est plus toi !
    Non ! Non ! – ce n'est plus ton visage !
    C'est la fille d'un roi,
    Qu'on salue au passage ! –
    Ah, s'il était ici !...
    S'il me voyait ainsi !
    Comme une demoiselle,
    Il me trouverait belle.
    (Elle se pare du collier.)
    Achevons la métamorphose !
    Il me tarde encore d'essayer
    Le bracelet et le collier !
    (Elle se pare du bracelet et se lève.)
    Dieu ! C'est comme une main qui sur mon bras se pose !
    Ah! je ris de me voir
    Si belle en ce miroir !
    Est-ce toi, Marguerite ?
    Réponds-moi, réponds vite !
    Ah, s'il était ici !...
    S'il me voyait ainsi !
    Comme une demoiselle,
    Il me trouverait belle.
    Marguerite, ce n'est plus toi,
    Ce n'est plus ton visage,
    Non ! c'est la fille d'un roi,
    Qu'on salue au passage.

    Pierre Eugene Gustave 

    "Faust and Marguerite" 

     

    Séduisante, est cette beauté du Diable ! 

    Tentant sont tous ces désirs inavouables… 

    Enfer ! Que de sombrer dans telle luxure, 

    Ah cette âme ! Qui ne s’éloigne de sa souillure ! 

     

    L’Amour vaut-il, que l’on se sacrifie ainsi ? 

    Afin de satisfaire,  ambition, sa folie ! 

    Pactiser avec le démon est-ce un vice ? 

    Quant au jardin, s’éveillent, plaisirs et délices ?

       

    Richesses et gloire règne en ce royaume ! 

    Que l’on brûle, toute vérité et psaumes ! 

    Pourquoi perdre une vie en toute attente, 

    Quand le destin, tinte sa cloche clémente ?

       

    Posséder, percer les mystères de l’univers ! 

    Ah fièvre, qui ronge un cœur, en son repaire ! 

    Belle Marguerite ! Sur un air de bijou, 

    L’ombre des ténèbres, glisse sur ton cou…

       

    Cruelles sont les griffes qui enserrent ta taille ! 

    Appétissante est cette faim qui tenaille, 

    Même si ardente, est ta foi aux entrailles, 

    Peux-tu chasser le diable sans qu’elle défaille ?

       

    Au jardin des tentations, l’honneur n’y règne, 

    Et la vertu, n’engendre que cœur qui saigne ! 

    Terrible destin ! Infâme sort qui gagne, 

    Voilà la mort qui accuse et n’épargne !   

     

    Pour l’Amour d’un diable, un ange peut-il sauver, 

    Ce qui reste de son cœur, d’humanité ? 

    En un miracle et au nom de l’Amour, 

    Rompre tout pacte, s’en détourner à toujours ? 

      

    Marguerite ! Entends-tu cette voix du ciel ? 

    Qui résonne en tes tourments et qui veille, 

    Le diable s’en est allé vers d’autres terres, 

    Mais l’Amour demeure au sein de tes prières…

       

    Sur un air de bijou et ses convoitises, 

    L’âme peut défaillir aux eaux qui s’enlisent, 

    Et pour exaucer tout pardon et sa ferveur, 

    L’Eternel Féminin, par l’Amour, expie douleurs !

      

     

    Le dernier vers de cette seconde partie de Faust 

    conclut « l'éternel féminin nous élève »

     

     

    CorpsRimes

     

    Marguerite, l'Eternel Féminin00054472

     

     

     

     

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  • Commentaires

    19
    lagardère
    Mercredi 20 Février 2013 à 11:20

    ma chére cronin si le mot sublime résonne de part la plus belle voix du monde....je frissonne et je tremble en écoutant maria la divine...et quand la divinité du chant et de la voix est alliée à la divinité de la littérature...c'est l'explosion de la marguerite dans toute sa blanche couleur....celle qui fait découvrir le bonheur de l'amour....c'est un art que d'écrire ..mais là très chère cronin(corinne) tu es au delà du réel...c'est l'excellence...du grand art....celui de la poétesse...qui avec talent professe...les plus belles rimes et historiques de contes magnifiques....tu éblouis tout ce que tu écris par la simplicité de ce talent qui te pose comme la souveraine de la poésie...je viens de passer un instant dont je vais me souvenir longtemps....merci...bonne soirée
    bisesssssssssss
    claude

    18
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 19:29
    Christie Jane

    Bonsoir Cronin (Corinne) ! Ton site resplendit, tout y est très beau. Ici ça va un peu de pluie mais les températures bonnes. Merci pour tes visites. Bises

    17
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 13:16
    Le Noctamplume

    Chère Corinne

    Si tu continues dans cette voie, tu vas l’obtenir cette connaissance universelle, celle des grands sages qui ne cherchent rien et qui finissent par tout avoir.

    Ta connaissance est grande mais humble et à travers le moindre mot dans l’art de ta rime tu portes la lanterne dans nôtre obscurité.

    Deux condamnés viennent à bout du diable par la force de leur amour que si même séparés physiquement, un lien indéfectible les uni à jamais dans ce royaume où  l’éternel  féminin les élève envers et contre tout.

    Leur amour est sauvé et s’envole dans des cieux où tout n’est que merveille.

    Je n’ai toujours pas d’enceintes et j’ai raté la divine (dommage)

    Gros bisous et bon après-midi

    Toute mon amitié

    Le Noctamplume

    16
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 11:21
    jean marie

     très joli article,chez  nous la pluie arrive,je te souhaite un très bon jeudi,belle journée,bises

    15
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 11:19
    Cathy

    Bonjour Chère Corinne,

    Ton article est très intéressant. J'étais passée hier soir, mais suis revenue lire posément cette page, dont ton poème relate les éléments essentiels et "les idées maîtresses" avec brio.

    L'ensemble est finement "enveloppé" et la dernière strophe de ton poème me fait penser à une fable de La Fontaine, revue et corrigée avec subtilité et délicatesse...

    Merci beaucoup, Corinne.

    Douce journée et toute mon amitié,

    Bisous,

    Cathy.

    14
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 10:59
    Nina Padilha

    J'ai voulu faire une petite contre-visite de courtoisie, mais je suis tombée sous le charme de ton blog.
    Que c'est beau, que les rimes sont exquises !
    Voilà. Je me suis abonnée pour mieux revenir...
    Bonne journée !

    13
    Jeudi 4 Octobre 2012 à 05:56
    timilo

    Je reviens effeuiller avec douceur cette Marguerite 

    Tu m'épates ,Corinne par tes connaissances , dans tes rimes se cache toute une encyclopédie  magnifiquement écrite.

    Ta plume excelle en tout , aussi bien en prose dans tes commentaires qu'en vers comme ici

    Bravo

    Je me laisse prendre par la magie de ton écriture

    Douce journée

    Bisous

    timilo

    12
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 20:41
    Cendrine

    Sublime et ensorcelant, ma chère Corinne!

    Marguerite est une rose dans les abîmes, une héroïne de cendres et de braises, un bijou charnel... Ta poésie est magnifique, je m'en régale à chaque visite, je la butine avec gourmandise et une curiosité sans faille. Merci à toi, ma chère poétesse...

    Il pleut, les petites butineuses se sont mis à l'abri dans un panier rempli de douceurs!

    Merci pour ton adorable message. Je suis ravie que la rose t'ait fait plaisir.

    Je te souhaite une excellente soirée, gros bisous affectueux!

    Cendrine

     

    11
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 19:51
    mansfield

    Une découverte pour moi aussi ce blog, très riche et superbement illustré, merci Cronin, à bientôt.

    10
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 18:34

    bonne soirée Romantique

     

    bisous

    9
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 17:25
    Tahar YETTOU

    Bonsoir,Corinne.

    Me voilà comblé ! Moi qui aime écrire sur la femme,vous m'en donnez l'inspiration!

    Merci pour ce beau partage et toutes ces recherches sur les légendes de jadis.

    Mes amitiés.

    Salam!

    Tahar

    8
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 16:29
    Plume A l'Encre Crié

    Je n'ai pas d'autre qualificatif que celui de sublime, Corps Rimes... Un vrai délice...

    Marguerite signifie perle... et désigne la perle de la connaissance...

    Lorsque l'on y songe.... il suffit d'un grain de sable pour que tout se recouvre de nacre irisée... sourire... espérons que cela soit vrai Belle D'Âme

    Je t'embrasse avec toute ma tendresse en te souhaitant une excellente soirée Mon Âme Mie

    A bientôt

    Plume

    7
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 08:12
    mireille du sablon

    ....Ecouter "La Callas", de vrais moments de bonheur!

    Bon mercredi, bises de Mireille du sablon

    6
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 07:13
    timilo

    Un merveilleux moment sur ton blog , en écouter et lire  

    "L' éternel féminin nous élève" , c'est une conclusion qui me va ravir , sans la femme l'homme est peu de chose ,  

    Je repasserai approfondir cette réflexion

    Douce journée CORINNE

    Bisous

    timilo

    5
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 06:44
    sylviane

    Moment superbe en écoutant La Callas et te lisant.

    "L'éternel féminin nous élève," ou bien" la femme est l'avenir de l'homme"

    Bonne journée

    4
    Mercredi 3 Octobre 2012 à 00:02
    Cendrine

    Ma chère Corinne,

    La nuit me porte vers tes mots, que je découvre avec gourmandise et une joie intense!

    Tu exaltes cette fascinante Marguerite, dans sa pureté de femme, immortelle en dépit des vicissitudes, de l'effroi, de la rude initiation. Tout dans ton article est passionnant: ta poésie, ton explication de Faust, le choix de tes illustrations...

    Ce combat perpétuel entre des forces ambivalentes, fascinantes et instinctives est ce qui fait notre richesse. Et la femme est un merveilleux amer dans la tempête, un phare dans l'obscurité, une rose qui ne peut se flétrir...

    La délicatesse, l'amour au-delà des actes les plus terribles, la passion d'exister règnent dans le coeur de la femme qui offre à ceux qui souffrent ses paysages secrets, son souffle protecteur et sa clarté d'âme. Merci chère poétesse pour ce moment si délicieux...

    Je te souhaite une très belle nuit, avec de gros bisous et une myriade de pensées très affectueuses.

    Cendrine

    3
    Mardi 2 Octobre 2012 à 22:58
    flipperine

    dans l'amour ce n'est pas le physique qui compte mais la beauté du coeur

    2
    Mardi 2 Octobre 2012 à 20:54

    En fin de compte, la condition humaine est ironie. L’homme est essentiellement questionnement ; le moi est questionnement et de fait il est condamné à manquer de tout ; et tout doit lui manquer. L’homme est une synthèse de raison et de passion. La souffrance, qui est la trame de la condition humaine.

    et c'est la conclusion de Faust  « l'éternel féminin nous élève »

    Je ne jette pas la pierre à Marguerite, grâce à  ses prières elle évitera l'enfer à Faust.

    Merci pour Maria la Divine, je l'adore !...

     

    bisous  

    1
    Mardi 2 Octobre 2012 à 20:20
    *** lili ***

    Je viens de passer un moment délicieux en ta compagnie et celle de Maria sans oublier Marguerite et Faust - le tableau de Pierre Eugène Gustave est d'une merveilleuse douceur et délicatesse - doux bisous du soir comme des pétales de roses

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