• L'après-midi d'un faune

     

    « Après-midi d'un faune »

    Lucien Lévy-Dhurmer

    (1865-1953)

     
      "L'après-midi d'un faune" est un ballet en un acte de Vaslav Nijinski, sur la musique du "Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude Debussy (s'inspirant lui-même du poème de Stéphane Mallarmé (l'après-midi d'un faune), décors et costumes de Léon Bakst. Créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev à Paris, au Théâtre du Châtelet le 29 mai 1912, ce ballet est la première chorégraphie de Nijinski, dont il est aussi l'interprète principal. Il s'y impose d'emblée comme un chorégraphe original, soulignant l'animalité et la sensualité du faune par le costume et le maquillage. Jouant avec les angles, les profils et les déplacements latéraux, Nijinski y abandonne la danse académique au profit du geste stylisé.

    L'argument du ballet n'est pas l'adaptation du poème de Mallarmé, mais une scène qui le précède.

    Sur un tertre un faune se réveille, joue de la flûte et contemple des raisins. Un premier groupe de trois nymphes apparaît, suivi d'un second groupe qui accompagne la nymphe principale. Celle-ci danse au centre de la scène en tenant une longue écharpe. Le faune, attiré par les danses des nymphes, va à leur rencontre pour les séduire mais elles s'enfuient. Seule la nymphe principale reste avec le faune ; après le pas de deux, elle s'enfuit en abandonnant son écharpe aux pieds du faune. Celui-ci s'en saisit, mais trois nymphes tentent de la reprendre sans succès, trois autres nymphes se moquent du faune. Il regagne son tertre avec l'écharpe qu'il contemple dans une attitude de fascination. La posant par terre il s'allonge sur le tissu.

    Claude Debussy : "Prélude à l'après-midi d'un faune" :

    "La faute idéale des roses..." 

    En huit minutes et cinquante-deux secondes, le Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude Debussy a été le véritable prélude à Debussy orchestrateur, posant formellement ainsi les fondements de la musique moderne. Au-delà de l'éveil voluptueux du désir d'un faune dans la chaude moiteur d'un "Dimanche après-midi dans les têtes ", c'est bien la musique moderne qui s'éveille. Il est réjouissant que cela soit dans la volupté ! Bien sûr, il ne s'agit point d'une illustration du texte sinueux et allusif de Stéphane Mallarmé, lourd de suggestions charnelles et flottantes, mais d'une musique du désir, d'une prise de possession physique de la couleur de l'orchestre.


    Debussy haïssait bien des choses, et par-dessus tout celui d'être qualifié d'impressionniste, et plutôt que de le rapprocher de la diffraction des couleurs saisie dans l'espace du dedans d'une toile, il faudrait le relier à cette esthétique fin du siècle des symbolistes. Derrière la volupté des accords, du souci du plaisir, de la joie sensuelle du mélodiste, des délices harmoniques que s'offre Debussy comme un gosse dérobant les pots de confiture de la musique, il faut être attentif à ce besoin de pureté préraphaélite qui court dans son œuvre ; et le Prélude est contemporain du Quatuor et de Pelléas et Mélisande.

     

    Ce faune de la musique qu'est Debussy surprend toujours par ce mélange intime du moderne et du kitsch, de l'art de l'instant et de celui de l'éternité balbutiante que peut être sa photographie tremblante et sonore.
    Il était évident que des êtres aussi désirants et sinueux que Debussy et Mallarmé se croisent, et se décroisent ensuite. Dès la sortie du bagne doré de la Villa Médicis à Rome en 1887, Debussy se précipite dans le salon à la mode, celui des " Mardis " de Stéphane Mallarmé. De cette amitié nouée, le poème de 1876 "Prélude à l'après-midi d'un faune" tout en attouchement sonore, en désir mouvant, trouvera naturellement une tentative de transcription en 1894 dans l'œuvre de Debussy.
    Chacun en fut satisfait. Debussy : "La musique de ce prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. Elle ne prétend pas à une synthèse de celui-ci. Ce sont plutôt les décors successifs à travers lesquels se meuvent les désirs et les rêves du faune dans la chaleur de cet après-midi. Puis, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, il se laisse aller au soleil enivrant rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l'universelle nature".
    Mallarmé : "Cette belle musique ne dissonne pas avec mon poème, et elle va encore plus loin, vraiment dans la nostalgie et la lumière, avec finesse, avec malaise, avec richesse".
    Tout semble dit dans ce bonheur réciproque, mais notons cette perception aiguë de Stéphane Mallarmé sur le malaise installé par cette traduction sonore. Toujours dans Debussy, j'ai personnellement ressenti une détresse sous-jacente, presque enfantine, marqué d'enchantements sonores, et de désenchantements intérieurs. Une rencontre Mallarmé - Debussy a bien eu lieu dans ce Prélude à l'après-midi d'un faune et les nymphes ont été perpétuées. 

    "Mais couple adieu, je vais voir l'ombre que tu devins." Ainsi se termine le poème.

    Abîmes de mosaïque musicale, d'instants délicieusement éparpillés, de chatoiements des sens et des sons, où la flûte qui émerge du désir bourdonnant du monde est le fil conducteur qui fait mouvoir le monde. Ainsi, la musique est devenue caresse, et la musique moderne pouvait naître dans un sourire.
    "Si la flûte a réussi/ouïs toute la lumière/qu'y soufflera Debussy".
    « Je ne m'attendais pas a cela. La musique évoque l'émotion de mon poème et dépeint le fond du tableau dans les teintes plus vives qu'aucune couleur n'aurait pu rendre. » Mallarmé.

    Debussy est le musicien des frôlements. 
    (GilPressnitzer). Source :

    http://www.espritsnomades.com/siteclassique/debussyapresmididunfaune.html

     

     

    Douces caresses naissantes, des timbres dans l'aube,

    Visions et ombres s'entrelacent aux nuées en ondes,

    Frissons sensuels de l'heure d'un jour et d'une nuit...

    Dans l'air limpide, des désirs d'un faune en rêveries...

     

    Ô plainte et extase ! De la blancheur de ces nymphes,

    S'écoulent les vignes en fontaine, dans l'or des limbes !

    Illusions des passions, des brûlures de la chair,

    Au sang vermeil, bouillonne l'amour et ses éclairs !

     

    Au son d'une flûte, dans l'air frais d'un matin,

    S'enflamme une toison à la chaleur des essaims,

    Aux bois, marécages, s'enivrent les peaux nues,

    Vestales en leur source, dansent les ingénues...

     

    Visions de doux breuvages en leur sein calice,

    Des roses innocentes, ô délices s'y glissent...

    Fuyez ! Loin de Bacchus et de ses lèvres de feu !

    Les illusions se miroitent au lac des eaux bleues...

     

    Ainsi se meuvent les songes, les désirs d'un faune,

    Aux rayons ardents des sens, leurs spectres jaunes...

    Si las...de poursuivre, dans une fuite peureuse,

    Nymphes et naïades, aux chevelures lumineuses...

     

    Ô divine possession de la nature !

    Qui sous son lit de roses, en sa verdure,

    Fait naître à l'heure exquise, l'aurore magique,

    En sa flèche, arc-en-ciel, des plaisirs poétiques...

     

    Grâces sensuelles et voluptés s'y délacent...

    A la force du vent ! Ô bonheur si fugace !

    Aux étoffes légères, voilages en élégance,

    Se chantent les langueurs aux doux soupirs des sens...

     

    Si sensuel soit le frémissement des feuilles,

    En courant d'air, esprit d'un faune qui se défeuille,

    Insaisissable, est la vitalité bestiale,

    De cette nature, en arabesques animales !

     

    Ainsi teintent aux rêves inassouvis d'un satyre,

    Les épineux jeux de l'amour en leurs délires,

    Leurs goûts sucrés qui se cueillent aux fruits sauvages,

    Et qui laissent, sur la peau, enivrants mirages...

     

    Prélude à l'après-midi d'un faune où s'allonge,

    A la terre fertile, la semence des songes...

    Leurs mystères, troubles, ivresses en séductions,

    A l'heure charnière des amours et de leurs visions...

     

    CorpsRimes

    L'après-midi d'un faune00054472

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Quechuas !Cercle ! »
    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks

    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    19
    Mercredi 23 Octobre 2013 à 10:53
    bonjour Corinne un poètique coucou en passant par ici te lire. A+ du troubadour Emmanuel
    18
    Mardi 22 Octobre 2013 à 19:12

    Bonsoir Corinne,

    Je passe dans ton univers où tout est magie . Ton article est superbe et rend hommage à cette nature que j'aime profondément. Beaucoup de bonheur dans tes asociations. Douce soirée ma rose adorée. Je t'embrasse bien fort. Corinne.

    17
    claudecb
    Mardi 22 Octobre 2013 à 19:07

    merci de ta visite très chère...;un bonheur de te lire...un autre bonheur celui de passer pour te relire et voir dans les yeux de mon esprit la grâce  féline de noureev...la magie de l'animal naturel...seule corinne pouvait me faire ressentir ce bonheur par la qualité de sa plume d'or...
    bonne soirée
    bisessssssssss
    claude

    16
    Mardi 22 Octobre 2013 à 14:49

    D'une richesse impressionnante cet article et couronné d'un poème majestueux...Signé d'une plume experte de toute façon...Bises chère Cronin

    15
    Lundi 21 Octobre 2013 à 00:24

    Je reviens, ma chère Corinne, m'enivrer de magie sensuelle, savourer les sonorités et les images qui s'entremêlent avec tant de beauté, je plonge avec délices dans cette musique et dans l'âme de la poésie. J'ai trouvé des petits lutins adorables qui connaissent bien les habitudes du faune et des jolies nymphes, rires! Je te souhaite une excellente semaine à venir, je t'embrasse affectueusement, merci pour tes pensées amicales et la délicatesse des petits mots que tu m'envoies. Gros bisous

    Cendrine

    14
    Samedi 19 Octobre 2013 à 11:22

    je reviens ma Corinne pour l'après midi d'un faune, d'une magie incroyable...j'espsère que tu vas bien, ce sont les vacances scolaires, tu vas profiter de ton fiston ..je t'embrasse ma Corinne prends soin de toi, je te souhaite de belles journées durant ces quinze jours de congés scolaires


    joelle gif bonne journéeun grand bol, je me demande pourquoi il est écrit un petit bol


    ps. si tu as le temps de passer chez moi peux tu me dire de qui est le tableau de


    http://les-reves-d-ozymandias.eklablog.com/libre-et-seule-a97032885#comment-40863665 mais c'est juste une demande comme çà je ne me ferai pas de bile si tu n'as pas le temps je te sais tres occupée


    gros bisous ma Corinne  belle journée

    13
    Samedi 19 Octobre 2013 à 03:32

     

    Ma chère Corinne,

     

     

    Musique du désir, passion pure et débridée qui nous invite à un festin des sens où la poésie devient élixir érotique en ses si subtiles nuances... Tu attises notre gourmandise et notre amour des mots, tu es une enchanteresse. J'adore me laisser ensorceler à fleur de plume! C'est un délicieux frisson qui serpente et le vent qui joue dans les chevelures des nymphes. Les mots sont ardents, le spectacle nous ravit. C'est l'art envoûtant des Correspondances. Nous voyageons dans une symphonie de notes blanches et rousses, émeraudes et rubis. La musique de Debussy est une merveille. Elle nous enveloppe comme une aile de feu et un rire de soie.

     

     

    Ce que j'aime cet artiste: Lucien Lévy-Dhurmer! Ces magicien des couleurs puise son inspiration dans le souffle des créatures mystérieuses et nous happe vers des contrées enchantées où la couleur devient danse effrénée...

     

     

     

    Merci beaucoup pour ce magnifique poème et sa présentation très réussie qui est comme un voyage à travers la beauté des sensations et des images. Il en émane une telle puissance de séduction... La vidéo est une splendeur. La danse est une passion pour moi, entre sensation d'extase, spiritualité ardente, gourmandise d'être et félinité...

     

     

     

    Je t'embrasse bien affectueusement mon amie, que ton week-end soit très agréable, avec mes tendres pensées...

     

     

     

    Cendrine

     

     

    Antoine Watteau, peintre que j'aime tant: Jupiter, sous l'apparence d'un faune, et Antiope...

     

    12
    Vendredi 18 Octobre 2013 à 12:28

    Un bien joli poème mis en relief par ce point culturel que tu nous offres. Merci à toi de nous l'avoir composé et fait partager. Bisous Corinne, bon début de week-end !

    11
    Jeudi 17 Octobre 2013 à 18:37

    Oh ! Corinne, quel sublime billet - comment fais-tu pour écrire de telles merveilles. Et cette vidéo m'a fait des sensations magiques ...  merci, merci

    Merci aussi pour Gheorghe ZAMFIR, je connaissais, mais tu m'as donné l'occasion de le réécouter avec un grand plaisir, j'ai aimé particulièrement Die roses

    Passe une belle fin de semaine

    Plein de bisous doux comme des petales de roses

    10
    Jeudi 17 Octobre 2013 à 09:30
    ytneg

    L'art sous toutes ses formes: la danse, la musique, la poésie. Bonne journée Cronin.

    9
    Jeudi 17 Octobre 2013 à 06:43

    Je suis toujours surpris par la qualité incroyable de ta plume...

    Dommage que tes publications soient si rares à mon goût..

    J'ai adoré la vidéo , et ton poème retrace à merveille toutes les sensations que l'on ressent ....

    Quand j'étais ado , j'avais une amis qui m'avait attiré dans cette discipline, j'aimais bien ....

    Je repasserais te lire

    Douce journée CORINNE

    Bisous

    timilo

    8
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 21:09

    de toute beauté, le ballet avec NOureev, enlevé trop tôt par le sida -  Denussy  et Mallarmé, de toute beauté ton texte sur l'après midi d'un faune, que de grace dans tes mots tout comme dans ce danseur magique qu'était NOureev que je n'ai vu qu'une seule fois à l'Opéra Garnier dans La Bayadère..;


    pour en revenir à ton texte, j'avoue sur les satyres m'ont toujours interpelées.. tout comme les vampires, je ne sais pourquoi..du mystère, de la magie,du rêve et de l'interdit, peut être tout ceci... les nymphes s'ébattant avec les faunes, que de rêve.. ton poème est plein de rêve et de magie, tout ce que j'aime


    Noureev a gardé cette grâce féline de Nijinski, l'opéra c'est vraiment difficile à comprendre surtout dans ce genre de représentation, tu nous as tout très bien expliqué, merci


    je t'embrasse ma Corinne, merci pour ton érudition, passe une belle soirée que dire de plus que MERCI de ce rêve cette rose pâle, joelle


     

    7
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 21:01

    Que de belles choses pour effacer la morosité de ce soir qui se pose : la musique de Debussy, les pas de Nureyev, la poésie de Corinne…

    Amitiés,

    Carlos

    6
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 20:27

    Mon dieu qu'elle culture , ma douce amie . J'ai assisté 2 fois a de trés beaux spétacles . Nabucco au stade de France et a la mort du Cygne au Vinci a Tours . Ce sont de beaux souvenirs . Merci , je me suie régalée a lire tes beaux mots . Il ne fait pas beau en Sologne non plu. J' ai passés une journée a faire de la cuisine , et ce ssoir je suie fatiguée. Ma douce tes mots sur mon blog ma fait énormément plaisir. Pour te prouver mon amitié mon amie , je t'envoie ces jolie Rose

     Gros bisous tout doux

                   

    5
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 20:15

    Bonsoir Corinne,

    Ce somptueux ballet russe qui atteint la beauté sur la musique de Claude Debussy délivre toutes ses nuances d'une grâce éblouissante. Cette vidéo vertigineuse me séduit profondément en nous présentant un faune enjöleur attiré par les nymphes qu'il essaie  de charmer.  Les danseurs exceptionnels aux gestes majestueux se marient à merveille à la simplicité des décors et des costumes nous ramenant à la Grèce Antique. La chorégraphie puissante et très recherchée hisse les artistes dans un paysage bucolique et féerique. Cette oeuvre ochestrale et poétique nous offre un langage nouveau du corps et de l'esprit. Je trouve que l'ambiance est chaleureuse et moderne. Le mystère se dégage si agréablement de ton poème avec un mélange de notes lointaines venant d'un monde onirique. Je te souhaite une douce soirée ma Rose adorée. Je t'embrasse bien fort. Corinne.

    4
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 19:32

    Bonsoir,Corinne !

    Voilà bien cocktail si délicieux composé d'un faune séducteur et très sexy,de nymphes excitantes ,le tout couvet par la belle musique du grand Debussy sous le poème de Mallarmé,couronné par ton beau poème !

    Merci pour ce régal !

    Toute mon amitié.

    Tahar

    3
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 19:26

    Bonjour Corinne,

    Tu ne peut savoir le plaisir ue j'ai pu ressentir à la lecture de ton magnifique poème que t'as inspiré " L'aprés midi d'un faune " un merveilleux moment de lecture. Un trés grand merci. également pour ta visite et ton si gentil commentaire qui m'a beaucoup touché. Je t'embrasse trés amicalement.

    Henri.

    2
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 19:11

    encore un joli poème et on voit bien la nature

    1
    claudecb
    Mercredi 16 Octobre 2013 à 18:43

    ma chère corinne....je viens de vivre un instant magique dans cet aprés-midi d'un faune...toute la sensiblité de noureev s'expose avec toute la grâce et le désir que cette nature lui fait vivre...il est sublime l'ensemble danse, musique, poèsie une vraie faunique dans une merveilleuse mise en scène...l'histoire dont tu relates toute la subtilité de ces dieux naturels...laisse l'âme au sommet de l'attirance....mais je garde au plus profond de moi ce mystère qui plonge l'esprit dans les songes les plus fous... car ils se font bien aussi dans des rêves que le subconscient s'enivre de ses pensées et de ses visions...çà c'est toute la finesse qui caractérise la déese de lorraine qui se nomme corinne(cronin)... merci de cette culture oh! combien appréciè...merci de cet instant en magie ...la tienne bien sur
    bonne soirée
    bisessssss
    claude

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :