• Déjeuner de Canotiers

     

     Emile Vacher - La vraie Valse Musette au temps des guinguettes

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    Ambiance guinguette : Déjeuner de Canotiers d'Auguste Renoir

    Auguste Renoir à déjà quarante-ans, lorsqu'il peint ce tableau sur les bords de la Seine, immortalisé en 1881.

    Voilà une douzaine d'années, qu'il fréquente "Chatou", (département des Yvelines), "le restaurant de la maison Fournaise",  il a l'habitude de ce lieu. 

    Lorsqu'il décide de peindre ses amis sur la terrasse de ce restaurant, il a déjà peint quelques esquisses, depuis quelques années, mais n'a jamais terminé le tableau. il rassemble treize personnages, des amis,  (quatorze, avec son autoportrait, au centre du tableau dont on ne voit juste,  que sa tête de profil), il veut ainsi réunir en toute convivialité "la lumière du bonheur".

    Ce tableau, est pour lui, une chance d'être représenté au Salon Officiel et d'avoir cette reconnaissance, en tant que peintre impressionniste. Loin de son club privé, d'impressionnistes.

    C'est pour y faire toute la démonstration de son talent. Des personnages en train de converser, sur un fond de paysage, un repas qui ressemble à une nature morte, un petit chien, il veut ainsi montrer toute la maîtrise de son métier (paysagiste, un portraitiste, un peintre de scènes de genres).

    https://sites.arte.tv/karambolage/fr/la-tradition-la-guinguette-karambolage

    La guinguette, c’est l’évocation d’un monde fini, d’une époque où les environs de Paris n’étaient pas encore la banlieue, où les rivières n’étaient pas polluées, où les dames portaient des chapeaux à fleurs. Nombreux sont ceux qui associent au mot guinguette le tableau d’Auguste Renoir, Le déjeuner des Canotiers. Les canotiers, ce sont ces chapeaux de paille plats ornés d’un ruban que portent les messieurs en cette fin du 19ème siècle et qui s’appellent canotiers parce que ce sont les adeptes du canotage qui les ont mis à la mode.


    A l’époque, un impôt est perçu à l’entrée de Paris sur certaines marchandises comme le vin, le café ou le sucre : c’est l’octroi. Aussi, pour échapper à cet octroi, les cabarets et restaurants sont nombreux à s’établir derrière les barrières de Paris, notamment derrière les barrières Ménilmontant et de Belleville. Écoutez cette description datant de 1826 d’un quartier de guinguettes à Belleville, le quartier de la Courtille : "C'est un spectacle vraiment curieux que celui de la Courtille dans la soirée d'un beau dimanche de printemps ou de l'été. Ouvriers, bourgeois, militaires, hommes décorés, femmes en bonnet, femmes en chapeau, marchands de fruits, de petits pains, tout circule, tout monte ou descend confusément, sans se presser, sans se heurter, et chacun cherche, sans être troublé, l'enseigne de la guinguette où l'on vend du bon petit vin à dix ou douze sous le litre, ou quinze sous la bouteille ; du bon veau, de l'excellente gibelotte de lapin, de l'oie, soit en daube, soit rôtie."

    Le mot guinguette, lui, vient tout simplement du nom d’un petit vin un peu aigre produit en région parisienne, le guinguet, qui était justement servi dans les guinguettes.

    Quand en 1860, les faubourgs sont inclus dans Paris, les guinguettes se retirent plus loin. Dorénavant, on part de la toute nouvelle gare de la Bastille pour rejoindre les centaines de guinguettes installées sur les bords de la Seine ou de la Marne. Ces après-midi au bord de l’eau deviennent l’une des distractions favorites des Parisiens en quête de fraîcheur. Et la bourgeoisie parisienne ne se fait pas prier pour s’adonner à ce plaisir populaire, tout comme les artistes qui les fréquentent assidûment.

    Les guinguettes sont immortalisées par nombre d’écrivains, Gustave Flaubert, Emile Zola, Guy de Maupassant qui leur consacre plusieurs nouvelles. On y danse encore beaucoup jusque dans les années 1950 au son de l’accordéon : la java, la valse, la polka… mais déjà, rattrapées par l’urbanisation des banlieues, les guinguettes perdent leur charme.

    Le coup de grâce leur sera porté par la sensibilisation des pouvoirs publics à la pollution et l’interdiction de la baignade dans les rivières dans les années 1960. Certes, il existe encore quelques guinguettes autour de Paris, on y danse toujours mais on les fréquente dorénavant dans un esprit de nostalgie, pour faire semblant, pour faire comme à la belle époque… (source Texte : Claire Doutriaux) 

    https://www.msn.com/fr-ch/video/viral/yvelines-sur-les-traces-dauguste-renoir/vi-BBLLulQ

    L'esprit des guinguettes souffle à travers ce tableau ! Je vous invite au bord de l'eau, une remontée à travers le temps, un instant de lumière, dans ce lieu, si cher à Renoir, plein de convivialité, de musique, de rencontres entre artistes, autour d'un bon repas,  un instant de bonheur partagé, la dolce vita, la douceur de vivre… ,  près d'un déjeuner de Canotiers.

     

    A lire avec la musique.

     

    En ce week-end, au bord de l'eau,

    Je fus conviée ; mis mon chapeau

    Fleuri ; loin de la capitale,

    Cueillir l'amour et ses fringales !

     

    Venue, par le chemin de fer,

    Je respire, ici, un autre air.

    Valse et musette sur la piste,

    Avec mes amis artistes.

     

    Quelle belle toile que l'amitié,

    Ce "déjeuner de Canotiers" !

    En ses rives, si parfumées,

    De mille senteurs exposées.

     

    Déguster absynthe,  guinguet ;

    Oublier soucis et regrets !

    Je vous remarque mon ami,

    Présent parmi nous et assis ;

     

    Qu'il est doux cet instant rêvé,

    Au milieu de ses gens aisés.

    S'attabler après une ballade,

    Loin de Paris, ses bousculades !

     

    Bonheur en ces festivités,

    Instant de grâce, lascivité !

    Animé de chaleur humaine,

    Baignées d'ivresses épicuriennes !

      

    Même si votre regard me fuit,

    Je sais que vos lèvres sourient.

    Dans ce paysage lumineux,

    S'échangent regards langoureux...

     

    Dans cette fraîcheur, belle gaieté,

    Je suis amoureuse, comblée.

    De par mon métier, couturière,

    Devenue modèle, j'en suis fière !

     

    Insouciance en ce beau dimanche,

    Déjeuner sur une nappe blanche ;

    Fruits de saison et gâteaux secs,

    Font la joie des convives, insectes !

     

    J'écoute, en caressant mon chien,

    *Caillebotte, esprit bohémien ;

    Monsieur *Fournaise et *Alphonsine,

    Honore ce lieu et sa cuisine !

     

    Ce déjeuner de canotiers,

    Fera votre succès, Renoir,

    Un tableau vivant, colorié ;

    Votre empreinte, votre mémoire !

     

    Ce "Déjeuner de Canotiers",

    Peint par vos soins, mon bien-aimé...

     

    CorpsRimes

     Visionnaire00054472-2  

     

    PS : Le personnage "je" de ce poème, se tient en bas à gauche, de la toile, la jeune femme au chapeau fleuri et qui caresse son chien. Il s'agit d'Aline Charigot, avec lequel, Renoir vit mais n'a pas encore épousée. Il le fera en 1890.

    Caillebotte (Gustave) : peintre impressionniste et ami de Renoir - né à Paris le 19 août 1848 et mort à Gennevilliers le 21 février 1894, est un peintre françaiscollectionneurmécène et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882. (wikipédia).

    Monsieur Fournaise, derrière Aline Charigot, propriétaire du restaurant. La jeune femme accoudée à la rembarde est la belle Alphonsine, la fille de l’aubergiste. Tous les autres personnages sont des amis du peintre. 

    Image associée 

    Aline Charigot - épouse de Renoir 

    "Au bord de l'eau"

     Peintre - Renoir

    Moulin_de_la_galette

      Pierre-Auguste Renoir, Le Bal du Moulin de la Galette, 1876,

    huile sur toile,

    Paris, Musée d'Orsay

     

     

    Claude Monet, Baigneurs à la Grenouillère, 1869,

    huile sur toile,

    Londres, National Gallery

     

     

     

     

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  • Commentaires

    15
    Samedi 8 Septembre à 18:25

    agréable moment dans ton blog !!! mercimuchos besostilk

    14
    Lundi 3 Septembre à 18:53

    Chère Corinne

    Rentré de ma villégiature d'été en Corrèze je replonge dans le bonheur à la lecture de votre article et de votre poème sur les guinguettes si magnifiquement sublimées par le tableau d'anthologie "le déjeuner des canotiers" et la vidéo sur la valse musette.

    Quel travail de recherches, de synthèse, de mise en forme et quel talent rédactionnel tant dans votre prose que dans vos vers.

    Vous avez vraiment le don de nous offrir, à intervalles réguliers, des fresques sur les sujets les plus divers et passionnants avec, chaque fois,à la clef, du plaisir et un enrichissement intellectuel.

    Cette époque des guinguettes nous apparaît, rétrospectivement, comme une période de félicité, de joie de vivre, de fraternité, d'humanisme,, de simplicité, le tout au bord de l'eau, à la campagne dans une ambiance de camaraderie, de galanterie et d'amour avec des tenues vestimentaires charmantes tourbillonnant sur des airs d'accordéon mettant le cœur et l'âme en état de fougue ou de pâmoison.

    L'on se dit que, de nos jours, l'on n'a rien inventé et que l'on ferait bien de revenir à ces réjouissances champêtres, sans façons et peu onéreuses où l'on n'avait pas besoin de grand chose pour être heureux

    Merci, Corinne, de nous avoir déroulé cette parenthèse nostalgique, véritable bol d'air pur.

    Je vous remercie aussi très sincèrement pour le beau et amical commentaire que vous avez laissé sur mon dernier poème.

    Portez vous bien.

    Renaud

                                                                                                                                               

    13
    timilo
    Dimanche 2 Septembre à 06:56

    Je relis ton poème..MAGNIFIQUE PLUME

    Bon et doux Dimanche Corinne

    Bisous

    timilo 

    12
    corinne56
    Samedi 1er Septembre à 15:36

    Bonjour Corinne,

     

    c'est délicieusement champêtre. Le parfum de ce déjeuner d'antan monte jusqu'à mes narines et m'enivre de la richesse de ce bel article. Ton poème me transporte dans un monde de douceurs et de bonheur intense où on ne peut pas faire autrement que d'aimer. Je t'embrasse bien fort ma rose adorée et te souhaite un bon week-end.

    11
    Jeudi 30 Août à 08:46

    Revenue vers ton texte qui nous entraîne dans un moment désuet mais charmant

     

    10
    Aubry
    Mercredi 29 Août à 17:53

    Un beau voyage dans le temps et l'espace, une parenthèse de légèreté et d'insouciance, toujours instructive sans être rébarbative. Un petit berlingot poétique à savourer lentement ;-)

    9
    Lundi 27 Août à 13:55

    Plaisir, bonheur et charme, ainsi je ressens ce tableau qui nous happe dans son délicieux vertige de vie!

    Le plaisir de relire ton poème mon amie et de papillonner, de butiner, petite abeille aux portes de septembre qui fait son miel de couleurs...wink2

    Je te souhaite plein de jolies choses, gros bisous et tendres pensées

    Cendrine

    Bouquet de Renoir, 1896/98

    8
    Samedi 25 Août à 18:38

    C'est sans grands efforts que je me retrouve assisse auprès de toi peut être attablée à regarder les danseurs  charmants et à boire l'absinthe magique ….J 'aurai aimé vivre de ces instants , le gout de la vie me semble t-il était différent et simplement heureux , mais l'esprit de guinguette revient , l'an passé j'y allais souvent ….Je te remercie de tes mots de réconfort durant ma pause chère Corinne , je t'embrasse chère Rose ton investissement pour notre plaisir nous va au cœur ...

    7
    Samedi 25 Août à 09:20

    Coucou Corps Rimes

    J'ai adoré ton billet en écoutant la musique avec, c'est entraînant, c'est gai happy

    Le déjeuner des canotiers est une merveille, la joie se lit sur les visages, le plaisir de partager, de jolis chapeaux fleuris...Merci pour toutes tes explications et ce moment où l'on arrête le temps...

    Doux week end

    Bisous

    6
    Mardi 21 Août à 21:31

    Un déjeuner charmant, un esprit merveilleux, celui de l'amitié qui scintille et de l'amour qui flamboie! Un monde à part, une atmosphère pleine de séduction, entre bonne chère, musique, fragrances de bonheur mélangées...

    Magnifique billet mon Amie, brodé sur la toile d'un maître que l'on sent proche de nous car il s'exprime avec la simplicité des grands, un talent non ostentatoire...

    J'ai pris un plaisir fou à butiner ton texte et à m'imaginer, petite abeille frayant dans l'air doré des guinguettes, merci à toi! yes

    Charme... bonheur de cueillir l'instant présent et de le partager avec celles et ceux qu'on aime. Moi qui suis une solitaire assumée, j'ai eu la chance et l'occasion de vivre de très beaux instants dans une authentique guinguette quand je vivais en Gironde, une guinguette de Garonne, le regard étoilé et le coeur en chamade amoureuses... sourires!

    Merci à toi pour ce voyage poétique qui est séduction de chaque mot.

    Merci également pour tes propos déposés sous mon article et je te dirais que ce n'est pas moi la fan de Lovecraft... Plusieurs de mes ami(e)s adorent ses univers et font fi de l'homme... Leur position, je la respecte... Mais...

    Moi je n'ai jamais adhéré à sa façon d'écrire et ce qui m'a le plus heurtée c'est son infâme misogynie, son rejet de l'autre, ses obsessions poussées à l'extrême... Pas ma tasse de thé du tout. En revanche, j'adore la demeure d'Etienne-Martin, un monde autre, une porte, la cavité originelle. Il ne fait pas l'apologie de Lovecraft "l'homme" en ce travail, il saisit une atmosphère, une descente en soi et en La demeure des premiers temps. Merci de ton passage plein de fougue, je te souhaite une belle et douce soirée, toute en murmures d'amitié et te dis bravo pour ton billet délicieux

    Gros bisous et vive l'esprit guinguette!

    Cendrine

    5
    Mardi 21 Août à 10:24

    Quand j'entends un air d'accordéon je revois mes grand-parents paternels danser la valse, la danse de l'élégance.

    Les tableaux choisis et ton beau poème représentent parfaitement ce temps des guinguettes

    Doux bisous de comme des pétales de roses Lili-Marlène

    4
    Lundi 20 Août à 18:32

    tes notes sont très poétiques
    d'une période nostalgique
    encore très mode au présent
    dans toute la ville et département
    j'ai adoré cette poésie ainsi crée
    avec tes mots dans ma tête ils dansaient
    c’était une belle guinguette de l'été
    avec cette prose étoilé
    merci
    je t'embrasse affectueusement
    VL/Claude


    3
    timilo
    Lundi 20 Août à 07:38

    Je suis fan des thés dansants et des bals musette, j'aime danser sur air d'accordéon .

    Joli poème ... J'adore l'ambiance

    Bon début de semaine CORINNE

    Bisous

    timilo

    2
    Dimanche 19 Août à 21:49

    un poétique coucou Corine

    joli texte accompagné de la vidéo en  valse sympathique , un tout qui s’harmonise bien et l'on s'imagine sur les bords de l'eau , guinguette, instants festifs (---) .  bises et A+ du troubadour Emmanuel

    1
    Dimanche 19 Août à 17:44
    Douce nostalgie au fil de ton poème. Je suppose beaucoup de recherches pour nous livrer ce bel article. Félicitations pour ton immense talent
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